Mix en Thèque Saison 2

1607118_10151892815601778_955615267_nL’an dernier, nous avions initié un cycle autour de la scène locale et de l’univers du mix, dans l’objectif de croisement des publics et des cultures dans un lieu institutionnel.

Nous avions pu ainsi reçevoir plusieurs dj, sound systems et labels locaux pour des après-midi musicaux et conviviaux à l’auditorium de la médiathèque du Bois Fleuri (Lormont).

Le succès du projet, les retours presse et l’enthousiasme des Dj participants nous ont encouragés à poursuivre pour une saison 2 et à approfondir les pistes de travail autour de cette idée. Nous avons également décidé d’étendre le concept à d’autres groupes locaux en créant « l’Heure du live » dont je vous reparlerai très prochainement.

Etant également Dj amateur à mes heures perdues, j’ai entrepris de monter des séries d’ateliers autour du mix sur contrôleur numérique pour les enfants et adolescents.

Nous avons donc acquis un contrôleur professionnel Traktor S4 MKII de la marque Native Instruments, reconnue dans le monde de l’audionumérique et du Homestudio. A l’aide du logiciel Traktor Pro 2, et d’un Ipad équipé de plusieurs applications (sampler, émulateur de percussions type IMPC d’Akai ou DM1 Drum Machine), nous avons pu mener un premier atelier qui a rencontré un franc succès auprès des plus jeunes, et attisé de très nombreuses curiosités auprès des publics adultes. (configuration sur la photo).

L’idée pédagogique était d’initier les enfants à une pratique musicale assistée par ordinateur, différente de la pratique « académique »,  tout en introduisant des notions musicales comme le BPM (tempo), les fréquences du son (aigus, médium, graves), les notions de remix, mash-up ou de scratch et les différents effets les plus connus (reverb, delay, echo …). Il y avait également une volonté de valoriser les riches collections de la médiathèque à travers les choix musicaux des enfants. Et bien sur de partager et de s’amuser autour de la musique, langage universel.

L’organisation pensée est la suivante :

2 ateliers mix sur 2 samedis après midi précèdent la venue du Dj invité pour le cycle mix en thèque (également un samedi après midi).
Ainsi, il existe un liant entre l’atelier (qui confine à de l’initiation) et la performance d’un Dj confirmé et local (donc accessible), qui livre un set travaillé et pensé en collaboration avec le secteur image et son (grâce à un rendez vous préparatoire préalable sur site). Le set terminé le dj échange avec le public, sur son parcours musical, ses influences et sa technique (matériel etc etc …). Grâce à cette formule, j’espère mobiliser un public encore plus nombreux sur la saison 2 de mix en thèque.

Les 2 premiers Dj invités sont déjà bookés :

Le premier, le 5 avril à 15 h 30, est Dj Sizix (hip-hop, rnb…) Dj renommé sur Bordeaux, qui mixe dans plusieurs villes européennes. Petit extrait de sa bio, qui témoigne d’un parcours déjà « lourd » comme on dit  :
Le plus souvent accompagnant des artistes nationaux et/ou internationaux tels que: Bow Wow, Lil Jon, Dem Franchize Boyz, The Game, Nina Sky, Amerie, Ryan Leslie, Rosa Acosta, Youssoupha, Olkainry, Jango Jack, Sefyu, Kool Shen, Zaho, Cut Killer, Krys, Million Stylez, Mr Vegas … Il a plus récemment été vu aux cotés du duo de super-producteurs Just Blaze (Jay-Z Dj) & The Alchemist (Eminem Dj), et en première partie du rappeur super-star Rick Ross.

Ses mixes en écoute ici : http://soundcloud.com/djsizix/

Le second rendez vous programmé nous fera retravailler avec Template Records, label électronique local fondé par Ressmoon, et nous n’aurons pas 1 mais 2 dj pour le 21 juin, fête de la musique. Nous aurons le plaisir de recevoir Superlate et Tib’z, 2 dj / producteurs de musique électronique bordelais que je vous invite à découvrir.

Le dernier mix en thèque, fin 2014, n’est pas encore programmé, mais vous serez informés très prochainement 🙂 .

Je me tiens à votre disposition, pour toute questions sur l’organisation, le montage du projet ou le matériel utilisé.

Musicalement 🙂 https://www.youtube.com/watch?v=8McGub2E0Ck

Musique : mon top 2013 (albums, mixtapes …)

Publié le 21 Déc 2013 — par Biblioroots
Catégorie(s) Coups de Coeur, Musique et bibliothèque, Musique numérique

Edit : Pour profiter pleinement du top et des playlists youtube sans pub, je vous recommande d’ajouter l’extension adblockplus à votre navigateur.

Allez c’est la fin d’année et les éternels tops de tous les blogs musicaux ou semi « hipster ». Visiblement il est de bon ton de ne prendre aucun risque et d’enfoncer les portes ouvertes en nous gratifiant d’un facile « Stromae, Daft Punk, Vampire Weekend, Arcade Fire, Kanye West, Fauve ou Woodkid … »

Même si j’apprécie beaucoup certains des artistes cités et que j’en trouve d’autres inutiles, pour moi un top n’a d’intérêt que s’il te permet de découvrir des artistes que tu as pu louper dans l’année… Autant dire que c’est raté pour la pluaprt des tops que j’ai pu lire ça et là.

Donc je vais me consacrer à la musique que j’apprécie, comme d’habitude en espérant vous faire découvrir quelques albums electros, rap et reggae.

Electro (au sens large)

On commence peut être par la plus connue  M.I.A qui ne nous déçoit pas avec son terrible album Matangi, largement au niveau de ces anciens projets comme vous pourrez l’entendre sur ces morceaux :

J’y ajouterai le dernier album de Bonobo, North Borders pour les musiques électroniques ou l’album croisé de Noisia et Foreign Beggars, I am Legion (suivez également Hudson Mohawke, Burial, les talentueux français Fakear et la Fine Equipe, Caspa, Débruit et Rustie par exemple, j’ai peu écouté d’electro cette année malheureusement) …

J’ai également été séduit par des choses plus « mainstream » en pop ou electro pop comme Ellie Goulding, ou London Grammar par exemple, ou encore les quelques extraits que j’ai pu entendre du dernier Beyoncé.

Reggae Francophone :

Bien que je sois plus friand de dancehall ou de new roots Jamaïcain, il faut avouer que nous avons quand même de bons artistes Reggae en France.

Cette année pour moi c’est l’album Paradise de Dub Inc qu’il faut écouter. Toujours droits dans leur bottes et indépendants, Bouchkour et Komlan, accompagnés de leurs accolytes Stéphanois, réalisent un de leurs albums les plus aboutis, au moins 5 titres sont excellents, voire plus selon les goûts…
Je vous laisse en découvrir 2 également, sachant que Dub Inc est un groupe de live, qui s’est forgé une solide réputation sur scène. A voir donc live and direct !

Le deuxième album que je recommande est celui de Yaniss Odua, Moment Idéal.
C’est un artiste caribéen que je suis depuis « longtime ». Tout comme Dub inc, il donne toute sa dimension lors de ses performances « live », durant lesquelles il se donne à fond, toujours avec un sourire géant, dans une vibe 100 % positive.

En reggae international, cette année il en fallait pas louper les jeunes étoiles jamaïcaine en devenir Chronixx et Kabaka Pyramid, et le désormais connu Protoje

Chronixx n’a toujours pas sorti d’album, mais il est en préparation. Ca ne l’a pas empêché de cartonner notamment sur Internet (grâce entre autre à sa collaboration avec Major Lazer)

Quand à Kabaka Pyramid, il a sorti récemment un EP intitulé « lead the way » que je recommande chaudement !

Protoje quand à lui, en est à son deuxième album, the 8 year affair… à écouter !

On les retrouve tous les trois accompagnés de Sizzla et du jeune Addis Pablo au melodica (fils du renommé Augustus) sur cette combinaison déjà classique nommée Selassie Souljahz

 

J’ai également été séduit par le troisième album de Gappy Ranks, Shining Hope, l’artiste reggae anglais désormais le plus populaire, à la tête de son propre label Hot Coffee Music.

Mention également pour un certain renouveau du roots avec Meta Dia and the Cornerstones ou le groupe Jamaïcain Raging Fyah

Coté Jamaïque la vogue est plutôt au dancehall, mais l’absence du « World Boss » Vybz Kartel, actuellement en attente de l’issue de son second procès pour meurtre (!!!) a freiné le développement de la scène locale (il était un grand producteur et découvreur d’artistes, avec son propre label et son crew « Gaza »)

C’est d’ailleurs Popcaan, en passe de devenir une star internationale avant même d’avoir sorti un album, et Tommy Lee Sparta qui ont retenu mon attention, tout deux découverts par … Vybz Kartel…

Deux autres artistes sont à surveiller de près la star « Busy Signal » (1 million de fans FB)  propulsé par ses collaborations bien senties notamment avec Major Lazer sur le hit planétaire « Bumaye » ou No Doubt sur le titre « Push and Shove« , son prochain album devrait arriver en 2014.

L’autre artiste présent est Assassin aka Agent Sasco qui enchaine les hits singles dancehall et même reggae,  et a participé au dernier album de Kanye West, Yeezus, sur le titre I’m in it, son album est également très attendu.

Passons maintenant au rap américain.

Pour ce que j’ai pu écouter on retiendra bien sur A$ap Rocky et son Long Live A$ap sur lequel l’artiste a confirmé les espoirs et le buzz qu’il avait engendré. Etrangement absent des tops 2013 (album sorti en janvier)… Il participe à l’émergence d’artiste de son Crew, Asap Mob (avec notamment Asap Ferg auteur d’un bon album et du hit « Shabba« ).

Puisqu’on parle de crew nous pouvons citer Pro Era, mené par Joey Bada$$ artiste prodige, encensé par les critiques, jusqu’en France. Sa dernière mixtape Summer Knights, mérite d’être dans mon top, avec notamment la terrible chanson crossover Hip-hop Reggae « My Yout ».

Autre crew qui sait faire parler de lui, le fameux crew all stars « Black Hippy » composé de Kendrick Lamar (qui a marqué l’année 2012), Ab Soul, Jay Rock, et Schoolboy Q. Même s’il n’ont pas sorti d’album cette année, ils sont à guetter pour 2014 🙂

Il faut croire que le hip-hop devient une affaire de crew solides, car on peut également citer l’écurie du label Mellow Music Group avec l’excellent Oddissee et son dernier album et sa dernière mixtape que vous pouvez écouter en suivant les liens ci après. Un hip hop soulfull, très travaillé au niveau des instrumentaux bien plus proche de J Dilla, Madlib, MF Doom, ou Blu and Exile que des top sellers du « game ».

Cette écurie, abrite également le très talentueux beatmaker Apollo Brown, qui avait sorti un très bon projet l’an dernier, et qui a récidivé cette année avec Ugly Heroes.

Mais indéniablement, l’artiste attendu qui a confirmé les espoirs placés en lui est bien Danny Brown, repéré par le DJ et producteur de génie A-trak et signé sur Foolsgold records, il a marqué les esprits par ses lyrics déjantés, ses visuels décalés et son humour trash omniprésent dans ses titres. Son album « Old » est juste excellent, varié et original. On peut le trouver facilement en écoute intégrale sur les différents sites de streaming.

Bien sur on peut également mentionner Action Bronson et sa dernière mixtape, les projets de Mr Green (Live from the streets), le crew Odd Future (albums de Tyler the Creator et Earl Sweatshirt), le dernier EP de Vinnie Paz et les grosses pointures comme Kanye West ou Jay Z.
Eminem m’a un peu décu, après nous avoir mis l’eau à la bouche avec des singles énormes, l’ensemble de l’album est très inégal, et n’est vraiment pas le successeur du classique « Marshall Matters LP » à mon gout.

Je finirai par mon cheval de bataille, ma madeleine de Proust musicale, à savoir le rap français. Beaucoup le résument à Booba, Rohff et la Fouine, mais il est clair que c’est une des scènes musicales les plus bouillonnantes et créative de France. N’en déplaise aux détracteurs.

Les crews comme l’Animalerie de Lyon, l’Entourage (du désormais très connu Nekfeu) et les petits nouveaux talentueux cotoient les « vrais » anciens du mouvement qui reviennent en force depuis quelques années (Greg Frite, Sear Lui Même, la Scred Connexion pour ne citer qu’eux).

Ces jeunes s’autoproduisent pour la plupart et n’oublient pas de rendre grâce aux « anciens » en les invitant sur leurs projets.

Je trouve que nous vivons une des meilleures époques du rap français.

Pour en revenir au top, un artiste construit son chemin, doucement mais surement sans concession, il s’agit de Lucio Bukowski de l’Animalerie, qui multiplie les projets avec divers beatmakers (Tcheep, Milka, Oster Lapwass…)

Cette année j’ai pu acheter « de la survie des fauves en terre moderne » et « la noblesse de l’échec » qui ne m’ont pas décu, en voici deux extraits respectifs :

Un autre projet indépendant a su créer l’attente et ne pas décevoir, c’est le projet du collectif Le Gouffre, intitulé « Marche arrière ».
Il s’agit d’un projet titanesque de près de 60 titres qui réunissent MC confirmés, rookies en devenir et jeunes talentueux aux dents longues. De nombreux titres de l’album sont excellents, mais je choisi celui de Kacem Wapalek, également du crew « L’Animalerie ». Sans aucun doute le plus grand potentiel du rap français (avec Nekfeu et Hugo TSR dans un autre style). Véritable génie de l’écriture et du flow, je n’ai jamais entendu personne rapper ainsi (et pourtant j’écoute du rap français depuis plus de 15 ans), son album est plus qu’attendu, même de certains  médias nationaux comme les Inrocks, qui lui déroulent désormais le tapis rouge

Pour finir, mon dernier coup de coeur, va à Demi-Portion, le Sétois, artisan du bic, toujours indépendant également, qui, grâce à sa fan base, sa sincérité et son talent arrive à se hisser parmi les Booba et autres dans le top des ventes rap français sur Itunes … Il fait tout « maison », clip, instrus, merchandising …

Son EP Petit Bonhomme (en hommage au plus connu des Sétois) et son album les Histoires sont excellents, je vous laisse donc en beauté pour apprécier la vibe de Rachid, un véritable MC qui, contribue comme d’autres à donner au rap en français ses lettres de noblesses. Je sais qu’il a manqué d’arrêter le rap cette année, dégouté par le « game », ses fans l’ont poussé à continuer, il est actuellement récompensé par le succès de ses derniers projets. Chapeau l’artiste, continue.

Voilà pour le top, en rap français, il y a tellement de bons artistes que je vais en citer quelques autres : Keny Arkana, Yoshi di original, Georgio, Deen Burbigo, Nemir, Def, Alpha Wann, Hugo Délire, Hippocampe Fou, Vald, Guizmo, Lomepal, Fayçal, Flynt, Swift Guad, Furax, Jeff Le Nerf, Jazzy Bazz, S Crew, Ladea, A2H, Anton Serra, Nakk, Bigflo et Oli, Willow Amsgood, Scylla, Les casseurs Flowteurs (Orelsan et Gringe) et tous les beatmakers derrière tout ça : Al Tarba, Goomar, Mani Deïz, Kyo Itachi, Milka, Tcheep, Oster Lapwass, Dj Lo, Skread …

J’en oublie plein, c’est certain mais big up à tous 🙂 Ils me régalent et sont tous dans ma playlist rap français :

Vous pouvez retrouvez tout les artistes cités ou presque sur mes playlists musicales et mes mixes soundcloud et youtube en suivant ces liens :

Mes différentes playlists sur Youtube
Mon compte soundcloud (mixes, productions, playlists, veille musicale) https://soundcloud.com/musicisamission/
Ma page de partage musicale sur Facebook : https://www.facebook.com/musicisamission

Et n’oubliez pas la musique est une mission pas une compétition, si vous aimez, kiffez, si vous n’aimez pas passez votre chemin.

Fuck the haters !

Formation : Les adolescents et la musique. Quel rôle pour les bibliothèques ?

Publié le 08 Oct 2013 — par Biblioroots
Catégorie(s) formation, Musique et bibliothèque, Musique numérique

Suite à mon interview réalisée par la revue Lecture Jeunesse, j’ai été sollicité par cette revue pour intervenir au cours d’une formation qui aura lieu les 16 et 17 octobre, intitulée : Les adolescents et la musique. Quel rôle pour les bibliothèques ?

Mon intervention s’intitulera « Quelle médiation pour la musique ? » et reviendra sur le travail mené à la section Image et son de la Médiathèque du Bois Fleuri à Lormont.

Présentation disponible en cliquant sur le lien suivant : Lecture Jeune Diaporama

Je suis bien sur disponible pour donner d’autres formations sur mes différents domaines de compétences : Musique et ou cinéma en bibliothèques, Numérique et musique ou cinéma en bibliothèque, Méthodes d’animation, de constitution de collection, Outils de productivité informatiques et web, bibliothèque et numérique , informatique documentaire, veille RSS et réseaux sociaux,  jeux vidéos, tablettes en médiathèque, tablettes et musique en médiathèques, MAO en médiathèques et bibliothèques etc etc …

N’hésite pas à me solliciter,  j’ai déjà travaillé avec :

La BDP 64 (Web 2.0 et bibliothèques)

L’IUT de Bordeaux 3 (maître d’apprentissage et de mémoire, journée sur les jeux vidéo en bibliothèque)

ACIM (rnbm : table ronde sur les adolescents et présentation ipad et musique)

Enssib (formation des élèves conservateurs, module musique : Mix et remixes à Lormont)

CNFPT PACA et Languedoc Roussillon (Musique Web et Bibliothèques, Constituer et faire vivre un fonds de musique en médiathèque)

Revue / Association Lecture Jeunesse

CRFCB Toulouse

Formation : constituer et faire vivre un fonds de musique en médiathèque, plan, liens et sources

Bonjour,

Les 25, 26 et 27 septembre 2013, j’ai donné, pour le compte du CNFPT Languedoc Roussillon une formation intitulée « Constituer et faire vivre un fonds de musique en médiathèque ».

J’ai pu y exposer ma méthode et la transmettre à divers stagiaires, tant sur le plan de la constitution des fonds, de leur circulation, de leur valorisation (animations et volets numérique).

Je partage donc avec vous, le diaporama, le plan détaillé, et un répertoire de lien / sources utiles pour tout bibliothécaire.

Le diaporama :

Constituer et faire vivre un fonds de musique en médiathèque

Le plan détaillé :

Constituer et faire vivre un fonds de musique en médiathèque

Sources et liens utiles :

Bien entendu, vous pouvez fouiller mon blog et mon netvibes en premier ;-), vous y trouverez de nombreuses ressources et retours d’expériences de ma pratique quotidienne.

Fournisseurs :

http://www.gamannecy.com/
http://www.rdm-video.fr/musique_index.php
http://www.cvs-mediatheques.com/

Acquisitions / Veille :

http://bmol.bm-grenoble.fr/

Et bien sur les sites de la presse spécialisée (Diapason, trad mag, trax, rock n folk, les inrocks etc etc …)

Sites professionnels Musique et bibliothèques :
Sites de streaming musical :
Autour des tablettes :
Musique et contenus libres de droit :

http://www.acim.asso.fr/ziklibrenbib/

Et enfin j’en profite pour vous rappeler l’existence de ma chaîne Youtube, mon compte soundcloud, ma page facebook musicale et mon tumblr avec de nombreuses playlists publiques classées par genre notamment.

Je vous laisse en musique avec mon dernier mix et ma dernière production instrumentale :

Médiation, musique et publics adolescents en médiathèque : Interview pour Lecture Jeune

Le dernier numéro de la revue Lecture Jeune consacre un dossier complet sur la musique et les adolescents. A ce titre et suite à ma participation à la table ronde de l‘acim autour des publics adolescents, j’ai pu donner ma vision des choses à cette revue et le retour d’expérience de la médiathèque du Bois Fleuri à Lormont.

Interview retranscrite intégralement pour vous :

Marieke Mille pour lecture jeune : Johann Brun, vous êtes bibliothécaire à la médiathèque de Lormont dans laquelle des iPads sont proposés aux usagers, notamment dans la section musique. Pouvez-vous nous expliquer comment le projet s’est mis en place ? 

Johann Brun : La mise à disposition des iPads est née sous l’impulsion d’un projet de la section multimédia[1] de la médiathèque, qui a attiré l’attention des autres secteurs. Nous avons d’abord déployé le projet dans son département d’origine, avant de l’étendre aux autres, dans une deuxième phase, vu le potentiel de l’outil. Dans la section « image et son », nous proposons l’iPad dans l’optique de mettre à disposition un choix documentaire[2]. Une médiation importante est nécessaire par rapport à ces supports. Bien sûr, les jeunes vont prendre l’iPad pour s’amuser, mais n’iront pas forcément plus loin que ce qu’ils connaissent. Il faut les accompagner pour leur faire découvrir de nouvelles fonctions. Certaines applications nécessitent la mise en place d’ateliers afin que le public se les approprie, mais l’accompagnement des jeunes s’effectue plutôt au coup par coup. Je travaille beaucoup la médiation sur place : quand je vois un jeune sur une tablette, je discute avec lui et lui montre des possibilités qu’il ignorait. Cette technique fonctionne plutôt bien puisque les adolescents reviennent, réessaient et me posent de nouvelles questions. Quand j’utilise l’iPad dans la section « image et son » en mixant ou que j’apporte mes propres platines, cela attire du monde mais, en consultation, il est rare que quelqu’un se tourne spontanément vers ce type d’applications. Nos usagers n’ont pas forcément de tablette chez eux ; la plupart découvre l’outil à la médiathèque.

 

MM : Comment sélectionnez-vous les applications que vous mettez à disposition du public sur les iPads ?

JB : Chaque section est dotée d’un iPad en interne, pour la veille, la prospective, mais aussi pour se familiariser avec l’outil. Nous achetons et testons les applications qui nous paraissent les plus pertinentes. Nous essayons de privilégier une offre de qualité, qui correspond à nos missions, aux demandes du public ou à nos actions, en partant toujours de propositions généralistes avant de passer à des applications plus pointues. Nous nous devons d’être compétents dans la maîtrise de l’outil et des contenus afin de valoriser ceux qui nous paraissent appropriés. Les critères d’évaluation sont quasiment identiques à ceux des livres ou des films, même si certains s’ajoutent, comme l’ergonomie ou le graphisme. A force de tester, il est plus facile de faire la différence entre une bonne et une mauvaise application, même sans être capable de dégager une analyse technique ou de détailler le contenu.

 

MM : Comment rendez-vous cette offre visible ?

JB : Nous n’avons fait ni document, ni encart sur notre site Internet, même si nous avons communiqué dans le journal de la ville et dans l’agenda culturel. Des ateliers autour des tablettes, des formations aux vidéos informatiques[3] ont eu lieu. L’offre a été présentée mais aucun focus général sur les iPads, déclinés par section par exemple, n’a vu le jour. La visibilité se traduit par la présence du matériel sur le plateau, l’attrait qu’il représente, ainsi que par la médiation qui est faite autour. C’est un choix qui montre que, pour nous, l’iPad constitue un outil complémentaire totalement intégré aux pratiques des professionnels et à celles des usagers.

MM : Comment communiquez-vous plus particulièrement auprès des jeunes ?

JB : Nous recevons en visite la plupart des classes de la ville, primaires, collèges et lycées, ce qui aide beaucoup. Lors de leurs venues, les élèves n’assistent pas à une visite linéaire, secteur par secteur. Cette formule ne convenait pas car les jeunes qui connaissaient l’établissement avaient tendance à s’agiter. Nous avons donc repensé l’organisation et divisé les classes en groupes qui, tour à tour, passent dans chaque secteur pour une présentation couplée à une activité rapide. A la section « image et son », nous faisons un blindtest[4] sur iPad avec un écran projecteur qui permet une plus grande convivialité. On observe un retour marqué sur les taux d’inscription. En favorisant l’interaction, les jeunes nous identifient mieux. L’environnement facilite peut-être aussi leur présence : la ville, la population, la structure sont des éléments de contexte à prendre en compte. Trop souvent, les bibliothèques se concentrent sur l’intérieur de leurs murs et ce que les équipes y font. Mais il semble qu’il faut être visible à l’extérieur, avant que les usagers ne se déplacent. L’approche de la bibliothèque est fréquemment limitée aux collections et au modèle de prêt de documents, alors que le travail s’en éloigne de plus en plus. Nous devons diversifier nos activités pour trouver des publics.

 

MM : La mise en place des iPads a-t-elle eu un impact sur la fréquentation de la médiathèque par les adolescents ?

JB : Evidemment, l’attractivité du support a influencé la venue des jeunes. Est-ce l’iPad lui-même ou le contenu proposé qui les intéressent ? C’est une bonne question. Je pense que les deux influent. Il faut quand même préciser que l’accès est bridé de façon à ce que les adolescents puissent uniquement naviguer sur les applications que nous avons choisies[5]. Ils viennent les tester dans le cadre de leurs loisirs. Avant tout cependant, la structure les séduit par le lieu, attractif et adapté, les collections, constituées dans une approche pragmatique, tout public, sans considérations de valeur entre les musiques. Ensuite, quand les jeunes font un peu de bruit, je ne leur demande pas de se taire ou de s’en aller. Ils ont leur place dans la médiathèque autant que d’autres usagers. Je pense qu’ils l’ont ressenti et que c’est une des raisons pour lesquelles ils y reviennent.

 

MM : Vous qualifiez le lieu d’« attractif et adapté », les adolescents peuvent-ils investir l’espace pour s’installer et écouter de la musique ?

JB : La section est isolée par une double porte qui permet de diffuser constamment de la musique, dont des musiques actuelles, et pas seulement un fond sonore de classique comme c’est souvent le cas. Cela donne aux usagers le sentiment d’être véritablement dans un « espace musique ». Des platines équipées pour brancher différents casques, entourées de sièges, permettent aux adolescents d’écouter les CD à plusieurs. Ils investissent ces lieux qui relèvent pour eux de la sociabilité avant tout. Il existe peu d’endroits où se réunir, avec de la musique et de l’image, où l’on ne vous demande pas de vous taire. Nous venons pallier un manque. Il s’agit donc plus d’un usage de fait que d’une stratégie de notre part. La médiathèque, attenante à une salle de sport, une école de musique de danse, de théâtre et à un parc, multiplie les possibilités d’activités alentours qui influencent la fréquentation. En outre, ce travail que nous effectuons en direction des publics s’inscrit dans la dynamique générale de la médiathèque, ce qui lui donne davantage d’impact. Concrètement, nous avons permis dans l’espace l’inscription, l’accueil, l’accès au wifi, au multimédia… Peut-être aussi que la formation et le profil des professionnels de cette médiathèque, très sensibles à notre environnement social, créent une forme d’interaction et attirent le public. Les jeunes investissent l’espace quand ils se sentent bien accueillis, sinon ils cherchent d’autres lieux de sociabilité. Même s’ils font un peu de bruit, je préfère qu’ils soient dans la médiathèque, que nous discutions musique et cinéma, plutôt qu’ils traînent à l’arrêt de bus et basculent dans des pratiques illicites. Ce sont les enjeux sous-jacents : finalement, notre rôle est préventif. Bien plus qu’une question de lecture publique et de culture, la mission de la médiathèque est aussi sociale.

 

MM : Un argument souvent avancé par les professionnels est que la présence des adolescents fait fuir les autres usagers…

JB : Certes, mais notre travail consiste également à gérer la cohabitation des publics sur le terrain. Dans la médiathèque, nous ne transigeons pas sur le respect des gens, du lieu et des collections. Comme dans l’éducation, il y a un cadre général dans lequel chacun est libre, mais si on en sort, la sanction tombe. Après deux ans d’ouverture, malgré quelques problèmes au début, les jeunes qui fréquentent la médiathèque savent que, s’ils veulent revenir, ils doivent respecter les règles, quel que soit leur comportement en dehors de l’établissement. Des adultes se sont plaints, mais c’est exceptionnel. Au contraire, j’ai l’impression qu’ils sont contents de voir les adolescents investir le lieu. Les conflits entre usagers sont rares, mais lorsqu’ils se produisent, je prends autant au sérieux l’adulte que l’enfant. Sans être prioritaires, ils ont autant de droits que les autres usagers. A partir du moment où les adultes constatent que les adolescents sont pris en charge, ils ne fuient pas les lieux, au contraire. La différence des usages équilibre également leur cohabitation. Les adultes viennent avant tout pour les collections, pas uniquement pour écouter de la musique. Ils empruntent des documents, restent moins longtemps… Le fait que ce soit vivant leur fait souvent plaisir.

 

MM : Ces différences d’usages entre les adolescents et les adultes se retrouvent-elles dans l’utilisation des iPads ?

JB : Les iPads sont très utilisés par les moins de 18 ans, même en section presse ou adulte. Il est intéressant d’observer que cette appropriation des outils par les jeunes suscite la curiosité des adultes qui les accompagnent parfois. L’outil devient un prétexte à une relation entre les adolescents et leurs aînés. Mais ce sont essentiellement les jeunes qui utilisent les iPads. Est-ce une question générationnelle ? Les adultes ont peut-être aussi plus facilement accès à ces technologies et moins d’intérêt pour elles. Nous proposons également les tablettes lors d’ateliers multimédias, dans lesquels les publics touchés sont alors plus âgés.

 

MM : Quel type d’ateliers proposez-vous ? Certains sont-ils plus spécialement destinés aux adolescents ?

JB : Les ateliers multimédias recoupent de nombreux domaines comme la création graphique, le dessin, la photo, la retouche… Nous avons créé un atelier « Toute ma presse sur iPad » pour amener les usagers à utiliser davantage les tablettes et éventuellement à investir dans leur propre matériel. Des ateliers de jeux vidéo musicaux comme Guitar Hero, DJ Hero ou des jeux de danse ont attiré beaucoup de jeunes et d’adolescents, même s’ils étaient ouverts à tous. Le jeu vidéo reste un médium intéressant pour toucher ce public et permettre une médiation avec les collections, puisque, dans Guitar Hero par exemple, des classiques du rock sont abordés. Cela facilite les ponts avec notre fonds. Pour des raisons d’organisation nous ne pouvons pas proposer d’ateliers spécifiques pour les adolescents.

 

MM : Sollicitez-vous des partenaires extérieurs à la médiathèque pour les ateliers ou dans le cadre d’autres activités autour des iPads ?

JB : Cela arrive parfois, comme lors de sessions sur la musique assistée par ordinateur où un formateur, certifié sur un logiciel bien précis, va intervenir. Nous avions également sollicité des DJ de la région pour un atelier DJ, ou encore une fédération de labels indépendants à l’occasion d’un concert de rock à l’auditorium de la médiathèque. Nous collaborons avec des partenaires de proximité car l’offre est de qualité et qu’une part de nos missions consiste à valoriser ce qui se fait localement. Le Centre d’arts[6] très proche de l’établissement, par exemple, s’est intéressé au lancement du projet avec les iPads, dans l’optique de développer son propre projet. J’espère, à terme, déclencher cette dynamique à l’école municipale de musique en déplaçant quelques iPads sur place et en proposant aux élèves d’utiliser les applications de partitions dont nous disposons. L’attrait s’éveille dans les autres structures de la ville et le fait d’avoir développé une offre, même si elle n’est pas encore pleinement satisfaisante, constitue un début prometteur qui va nous permettre d’aller beaucoup plus loin. Nous allons améliorer la formule, rencontrer des partenaires et essayer de multiplier les possibilités avec des appuis extérieurs parce que nous ne pourrons pas porter seuls un projet hors de la médiathèque suppression de la fin de la phrase.

 

MM : Auriez-vous comme projet de développer une offre de musique dématérialisée ?

JB : Non, je trouve que les offres numériques clés en main, comme on les vend aux bibliothèques, ne sont pas nécessaires, peu satisfaisantes, chères, et ne correspondent pas aux usages. Elles ne sont susceptibles de toucher que des niches d’usagers ou de musique. Il ne faut donc pas croire qu’elles se substitueront aux sites d’écoute. Les usagers demandent majoritairement de la musique grand public − disponible gratuitement en ligne. Il semble vain de se placer sur une offre différente. Le streaming que propose MusicMe me paraît déjà plus approprié. Avant l’ouverture de la médiathèque, il était prévu de numériser les collections et de les proposer en écoute sur place. Je ne voyais pas l’intérêt de payer pour un service uniquement consultable dans les murs alors qu’il existe Internet. Tout le monde n’a pas une pratique dématérialisée : beaucoup d’usagers empruntent encore des CD à la médiathèque. Peut-être que dans quelques années, ils seront effectivement obsolètes en bibliothèque. En attendant, leur prêt est ce qui fonctionne le mieux ici, ce qui justifie leur utilisation. Si, demain, les chiffres chutaient dans notre établissement, la problématique serait différente, mais pour l’instant je les prête une fois et demi plus que j’en ai dans les bacs. Après réflexion, j’en suis venu à ne pas prendre d’offre numérique pour l’instant. Pour moi, l’avenir du métier de bibliothécaire est dans la mise en valeur et l’éditorialisation de contenus gratuits ou presque, sur Internet, parce que la ressource se situe là.



[1] Il était initialement prévu d’équiper uniquement l’espace multimédia pour divers projets et ateliers.

[2] En proposant un accès aux sites Youtube, Deezer, Spotify, des offres de webradio ou des applications d’éveil musical, de création musicale, des instruments virtuels, des tutoriels piano…

[3] Video2brain, un service de formation vidéo en ligne proposé aux usagers sur Ipad, via l’application dédiée. http://www.video2brain.com/fr/

[4] Le blindtest, littéralement « test à l’aveugle », est un quiz musical durant lequel les participants doivent reconnaître l’artiste et/ou le titre d’une chanson dont un extrait a été diffusé.

[5] Il s’agit d’une sécurisation possible sous IOS (le système d’exploitation mobile développé par Apple pour l’iPhone, l’iPod Touch et l’iPad, Ndlr). Des restrictions sont activées pour que certaines applications et paramètres ne soient pas modifiables. Les iPads sont disponibles pour des usages prédéfinis et cadrés. Pour surfer sur Internet, les usagers disposent du wifi public et de l’espace multimédia.

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