Du bouche à oreille à la recommandation numérique

Je profite de la lecture d’une news du très bon site rap2K pour vous faire part de certaines de mes réflexions au sujet de la musique sur Internet et de « la force de la recommandation » pour découvrir de nouveaux artistes.

L’article fait état de la signature sur le label du rappeur multi disque d’or et disque de platine Rohff, d’un artiste présent dans l’underground rap depuis longtemps dénommé Casus Belli.

Jusque là rien de particulier si ce n’est son parcours … Classique dans le rap …

Il a écumé de nombreux shows, et sorti plusieurs mixtapes mais ce qui retient mon attention c’est cette phrase :

 » … street albums (distribués gratuitement à la sortie des concerts ou via Internet – plus de 11 000 téléchargement gratuits!) »

Elle me rappelle différents éléments de ma réflexion à ce sujet que j’aimerais synthétiser ici.

J’aimerai rappeler à ceux qui connaissent le succès fulgurant du premier album de Tryo, Mamagubida. Désormais un classique qui se vend probablement plus qu’à sa sortie.

Avec peu de moyens (pas de passage radio, enregistrement acoustique à la MJC de Fresnes, diffusion partielle sur le territoire), cet album a su devenir la bande son de toute une génération ou presque…

On connait la suite qui vint longtemps après de nombreuses tournées… Jusqu’au passage en radio en 2005 de titres issu de cet album daté de 1998 ( L’Hymne de nos campagnes )

La clé de ce succès à mon avis était d’abord la qualité de l’album, le reste s’est fait tout seul par la « force de recommandation de proche à proche ».

Deuxième point, je reviens à Casus Belli.

Depuis longtemps le rap est un courant musical partiellement ou totalement marginalisé en France (difficulté d’organisation de concert, médiatisation difficile, passage en radio nationale presque exclusivement sur Skyrock…). Il suffit de voir que même des artistes vendeurs comme Sefyu ou Les Psy4delarime ne passent jamais ou presque sur un plateau de télévision ou dans la presse autre que spécialisée (voir cet article où quand Sefyu vend plus d’albums que Madonna !!!)

Les rappeurs et leur entourage on donc mis au point ou importées de nombreuses techniques pour « toucher leur niches » et « montrer leur musique ». Je pense ici au technique dites de « street marketing » mais aussi à l’organisation en multitudes de structures indépendantes empreintes de crédibilité dans « la rue » (autant d’écuries servant de tremplins pour les nouveaux talents, la Cosca, karismatik, Neochrome, Bombattak).

Avec Internet, les possibilités de se faire connaître se multiplient pour eux et permettent l’émergence de nombreux talents peu connus du grand public il y a peu (Brasco, Soprano, Kenzah Farah…) mais omniprésents sur la toile et en concert depuis longtemps (chaînes youtube, myspace, facebook, lastfm, deezer, skyblogs, sites officiels, blogs personnels…).

C’est, j’en suis sur un élément clé de leur succès. Il leur permet de se constituer la « fanbase » nécessaire à une carrière réelle, faite de nombreux concerts et sur la durée (la traîne ???). On peut aussi penser ici au groupe de reggae Dub Inc qui est devenu une valeur sure des festivals « à coup de live »…

Le point commun de tout ses artistes est pour moi une « certaine forme d’authenticité » qui parle à leur public, qui leur est fidèle. Internet participe grandement à la découverte de leur œuvre et à la rencontre d’un public toujours plus nombreux, car un disque qu’on aime, tout comme un bon roman, on a naturellement envie de le faire découvrir aux autres non ?

Quelque soit sa forme, ce phénomène a toujours existé comme je le montre brièvement avec ces différents exemples. Il m’est avis que plus de 50 % des artistes ont à y gagner en orientant leur carrière vers un modèle économique plus tourné vers la rencontre avec le public (plus de live, vente de collectors, tout est imaginable et parfois même déjà imaginé).

Il me semble que ceux qui s’insurgent sont ceux qui se sont éloignés de leur public, qui sont des valeurs sures pour leurs maisons de disque, et qui font vivre lucrativement leur art sur les enregistrements d’albums où tout est permis (modification des voix, arrangements avantageux…).

La scène ne pardonne pas.

C’est une forme de monopole de quelques uns puissants et écoutés (imposés ? médiatisés ?) sur la masse des artistes à découvrir… C’est un peu comme à la télévision; les même à la même place depuis 20 ans… On les croirait inamovibles… Ils doivent quelque part se sentir menacés… Car les nouveaux talents ou les talents méconnus du monde entier sont prêt à trouver leur public désormais dans la longue traine des musicophiles de tout pays !!!!!

Ma question est …… Les Médiathèques sont elles prêtent à les aider ? Au même titre qu’elles aident les auteurs en travaillant « à les faire connaître » en « leur assurant une visibilité » ou encore en les recommandant

J’en suis sur et vous ?!!!

« Mon public télécharge !!! C’est rien la famille !! »

Sefyu extrait du morceau « Mon Public » qui tourne en boucle … mais que sur skyrock, les postes de voitures les pc et les ipod……

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